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Mon pari est sur la communication stratégique

Alors que j’écris ces lignes, Bruxelles – et particulièrement son quartier européen – retourne doucement à ses affaires habituelles. Le meeting du Conseil européen, où 28 chefs d’États débattent des choix stratégiques et des problèmes fondamentaux de l’Union européenne, s’est achevé aujourd’hui et les leaders européens sont retournés dans leurs pays respectifs.

Ils vont informer leurs citoyens des accords passés à Bruxelles et l’une des décisions qu’ils ont adoptées concerne les Balkans occidentaux. Précisément : « les leaders européens attendent avec intérêt le sommet UE-Balkans occidentaux, qui se tiendra à Sofia le 17 mai 2018, qui devrait s’attacher à réaffirmer la perspective européenne de la région, à lancer des initiatives concrètes et visibles en vue d’améliorer la connectivité physique et humaine dans la région et avec l’UE, et à examiner les moyens de mieux coopérer face à des défis communs tels que la sécurité et les migrations » ; de plus, ils « confirment que la question de l’élargissement sera examinée par le Conseil en juin ».

Une lecture technique, inintéressante ? Peut-être. Mais je peux vous assurer qu’il s’agit de bonnes nouvelles. En d’autres termes, cela signifie que les portes de l’UE sont ouvertes pour les six pays des Balkans occidentaux. Si Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, a entamé son mandat en annonçant qu’aucun pays ne rejoindra l’UE pendant cette période, il le termine en voyageant à travers la région, serrant les mains des leaders des Balkans occidentaux et en leur promettant qu’ils feront partie de la même famille. Si, ou lorsqu’ils réalisent des progrès dans certains domaines, l’État de droit (incluant l’amélioration du judiciaire, la lutte contre la corruption et le crime organisé, le renforcement de la démocratie et des institutions, l’amélioration de la situation de la liberté des médias et de la liberté d’expression et la meilleure protection des droits des citoyens) étant le plus important.

Ces derniers jours, j’ai eu de nombreuses discussions à propos de l’élargissement de l’UE et du futur des Balkans occidentaux au sein de l’UE avec d’autres membres du Parlement européen, avec différents ministres de la région qui visitaient le Parlement européen, avec des experts, des médias et des représentants d’ONG. Des représentants d’États viennent nous parler des progrès qu’ils ont accomplis, font l’éloge du travail de leurs gouvernements et nous convainquent de pourquoi leurs pays devraient faire des pas supplémentaires sur le chemin vers l’UE. Les journalistes et les représentants d’ONG viennent avec une histoire différente : désespérés et impuissants, ils se plaignent des pauvres conditions dans lesquelles ils travaillent, des pressions politiques et de la protection insuffisante des journalistes qui résulte en une auto-censure et en un journalisme de qualité faible, non professionnelle.

Bien sûr, il est important de savoir où se situe la vérité. Mais ce qui importe encore plus est que l’accession de ces pays à l’Union européenne ne sera jamais réussie à moins que, autant les représentants d’États que les citoyens et la société civile, aient une compréhension profonde de ce qu’est la situation dans leurs pays. Car l’Union européenne n’est pas un club exclusif pour leaders nationaux, mais un projet historique d’intégration conçu pour connecter les peuples et servir le bénéfice de ses citoyens.

Comment utiliser cette occasion unique pour les Balkans occidentaux et enrichir le projet européen avec les six pays des Balkans occidentaux adhérant le plus vite possible ? Je parie sur la communication stratégique. Je crois que nous devons mieux communiquer et plus directement avec les citoyens de la région, à travers différents réseaux et plateformes, et en même temps nous devons communiquer avec notre public national, européen. Notre communication doit dépasser la terminologie technique sur les chapitres de négociation et devrait plutôt se concentrer sur des messages positifs mais réalistes sur ce que l’adhésion de ces pays représente des deux côtés : un marché interne, plus d’emplois, de meilleures opportunités d’éducation mais aussi un héritage culturel plus riche et un partenariat plus fort lorsqu’il s’agit de faire face à des défis mondiaux. Ce n’est qu’avec une communication honnête et une approche sincère que nous pouvons gagner la confiance des citoyens des deux courants ainsi que des futurs États membres. Sans cette assurance et cette confiance, notre futur européen commun est plutôt vague.


Tanja Fajon

Tanja est une politicienne slovène et membre slovène du Parlement européen. Elle est membre des Sociaux-Démocrates qui font partie du Parti socialiste européen. Elle est actuellement l’une des têtes de la délégation slovène au sein du groupe politique de l’Alliance Progressiste des Socialistes et Démocrates, et vice-présidente des Sociaux-Démocrates.

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