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Autorisation de faillir et de révolutionner : oui, s’il-vous-plaît !

Quelle est la plus grande histoire de l’existence humaine ? En un mot : transformation ! Chaque développement humain qui s’est produit depuis des temps immémoriaux jusqu’à l’ère d’Elon Musk, a été une réponse intelligente à des contraintes d’éco-systèmes, qu’elles soient géographiques, économiques ou politiques. Face à une pénurie de nourriture dans leur environnement immédiat, les hommes ont répondu avec la révolution agraire. Le cercle révolutionnaire et l’adaptation sociétale subséquente a duré pendant plusieurs milliers d’années mais les hommes ont finalement commencé à contrôler leur environnement pour leur propre profit.

La seconde révolution la plus transformatrice connue est la révolution industrielle. Sa monnaie : l’efficacité ! Alors que la révolution agraire a permis aux hommes de cultiver les terres qu’ils habitent, la révolution industrielle a vu les hommes quitter leurs champs et vendre leur force de travail pour un salaire. Cela a mécanisé, puis plus tard automatisé les processus de production résultant en une production de masse de produits. Nombreux sont ceux qui soutiennent que nous entrons dans ce qui a été nommé la quatrième révolution industrielle. Ceci est clairement l’histoire de nos vies et est en train de complètement redéfinir la signification de la mobilité et la nature du travail. Ses monnaies : fusion des ressources et connectivité !

C’est là que toutes les frontières perdent leur intérêt. La réponse à ce nouveau développement doit venir de régimes politiques collectifs, mondiaux si vous voulez ou au moins régionaux. En ce moment, notre compréhension de l’intervention et de l’organisation humaine, dont la gouvernance, est en train de se modifier. Comment nous y répondrons dépendra de notre position actuelle sur l’échelle du développement peut-être isolément en tant que pays mais plus certainement en tant que région.

Concentrons-nous sur les Balkans occidentaux. Malheureusement, leurs caractéristiques les plus souvent citées sont les suivantes : plus haut niveau de corruption en Europe, région la plus compliquée pour lancer et gérer une activité commerciale, des niveaux de fuite des cerveaux alarmants, des taux de chômage des jeunes ahurissants (les plus hauts étant 60% et 54% respectivement en Bosnie-Herzégovine et en Macédoine), l’instabilité politique. Pourtant quelque part au-delà des barrières régionales imaginaires la quatrième révolution est en cours, n’est-ce pas ?

En dépit des indicateurs macro-économiques et sociaux et de ce qu’ils peuvent dire des performances globales de la région, elle n’a pas pu échapper à la portée de la dernière révolution. Comment pouvons-nous y répondre ? L’entrepreunariat, à l’échelle régionale, est notre outil le plus immédiat. Même si naissant, un éco-système émerge lentement dans la région. Un changement fort nécessaire des mentalités est en cours avec de plus en plus de gens se tournant vers des initiatives d’entrepreunariat individuel. Ce qui est requis maintenant est le permis d’échouer et du capital de départ qui tolérerait l’échec. La plupart du soutien initial aux start-ups provient du secteur des ONG, incluant des incubateurs et des accélérateurs. Construire des ponts créatifs entre des entreprises matures et des start-up pourrait être utile pour le transfert de connaissances et l’innovation.

Les gouvernements pourraient travailler davantage sur relâcher les impôts et les requis légaux pour les business en phase initiale. La réforme des systèmes d’éducation n’a que trop tardé mais certaines universités se promeuvent elles-mêmes comme entrepreneriales, faisant clairement une marque du savoir dans ses fonctions économiques et sociales. Les épreuves sont nombreuses mais quelque chose est en train de se produire, et nous ne devons pas le tuer par l’inaction.

La région est limitée par bien des aspects. La réponse semble être prête. Elle a simplement besoin d’être relâchée dans sa pleine capacité d’apprentissage avec des attentes réalistes et le permis d’échouer et d’en apprendre quelque chose. Une vraie révolution, en effet.


Samira Nuhanović

Samira est la directrice de l’Incubateur de Business Social à la Fondation Mozaik en Bosnie-Herzégovine. Elle a fait sa thèse de doctorat sur les coopératives et entreprises sociales en Italie à l’Université de Trento et à l’Institut de Recherche Européen. En 2007, Samira a obtenu son MPhil en relations internationales de l’Université de Cambridge au Royaume-Uni. Samira a plus de dix ans d’expérience professionnelle avec les institutions publiques et internationales, en Bosnie-Herzégovine et à l’étranger.

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